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Tu dresses ou tu sautes ?

Les temps changent ...

Les temps changent …

J’aime bien regarder l’émission Mastertips sur Equidia pour voir quelles approches ont les différents intervenants, dans les trois disciplines. J’aime les cours de Jean-Luc Force, toujours axés sur le fonctionnement du couple, sur le cheval, en douceur mais très précis. Bien qu’il intervienne en complet, les notions d’équilibre et de rectitude sont valables pour tous.  J’aime Serge Cornut qui met en lumière les exigences de la compétition de dressage en parlant de la locomotion du cheval et de la décontraction du cavalier.

Bref, j’aime regarder des cours de grands professionnels, ils nous rappellent les fondamentaux, qu’on essaie d’appliquer chaque jour.

L’autre soir, le thème était « maîtriser l’abord de l’obstacle ». Par Toutatis, voilà donc un thème qui me tient à cœur en cette période trouble de ma vie équestre.  Car je dois me confesser ici, j’ai perdu confiance et voilà ce qui se passe dans ma tête devant la barre :

C’est donc avec l’espoir de Scratch face à une noisette coincée dans la glace que je regarde avec attention l’émission. Les replays sont maintenant payants, je me concentre à fond : n’en perdons pas une miette. Je me doute qu’ils vont nous parler du bon galop, de l’équilibre et du tracé, mais j’ai espoir que cela fasse office de thérapie.

L’émission commence et dès les premières secondes je sens le doute venir percuter l’autoroute de ma bonne volonté.

« MARC BOBLET va nous expliquer comment maîtriser l’amplitude au galop »

On nous livre dès lors la séquence suivante :

Marc (à force d’en parler je me permet une petite familiarité)  fait travailler une jeune fille avec une jument qui arrive à se gratter le poitrail avec les dents en galopant. Il lui demande d’allonger et de raccourcir le galop. Un classique. Rien sur la reprise en équilibre, sur la cohérence des aides pour faire revenir un cheval sur les hanches sans bagarre. Pourtant cet exercice « d’accordéon », finit souvent en live hystérique à la Yvette Horner pour beaucoup d’entre nous. Je reste sur ma faim.

S’ensuit un travail sur l’obstacle avec J. M Bonneau sur la rectitude et le tournant au barrage, puis J.L. Force fait travailler sur les combinaisons de cross.

Mais je reste bloquée sur l’intervention de Marc Boblet qui nous présente une jument totalement enfermée, travaillée en vue de la compétition de dressage, sans aucun détail pratique qui aiderait le « cavalier lambda d’obstacle » à améliorer le galop et sans jamais mentionner qu’une pareille attitude de l’encolure peut engendrer un abonnement mensuel au tandem : véto/osthéo (on vous aime bien hein, mais moins mieux on vous voit mieux on se porte et l’equidusbientravaillus aussi)

Que vient faire Marc dans cette thématique « abord de l’obstacle »  ? J’ai l’impression que la direction qu’a pris le dressage actuel n’est plus trop compatible avec des exercices de travail sur le plat en vue d’améliorer les qualités physiques et le « dressage » d’un cheval qui devra sauter. Les variations d’amplitudes sont très importantes en obstacle, mais j’aurai bien aimé voir la bête présentée dans cette attitude aller sauter une barre. Si déjà à la détente vous avez 3 kilos dans chaque main, qu’en sera-t-il après le numéro 10 ? Faut-il demander au Papa Noël un abonnement à la salle de sport ?

Bref je ne sais pas si Equidia manquait d’intervenant ou d’inspiration pour « l’abord de l’obstacle », peut-être que dans l’équitation aussi, montrer des « stars » prendra la place de la juste réflexion. Pour ma part je préfère finalement prendre un abonnement à la bibliothèque…

 

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Le cheval juste

cheval juste

J’inaugure aujourd’hui une nouvelle catégorie du blog : la fiche de lecture.  Le principe sera le suivant : je résume brièvement et donne mon avis. Comme ça vous pourrez faire semblant d’avoir lu aussi quelques bouquins d’équitation … (je me permet de taquiner le lecteur d’entrée de billet parce que je sais que ce post ne me permettra pas de faire dans le récréatif).

J’ai choisi pour commencer le Cheval juste de Bernard Maurel, juge officiel de dressage et ancien Directeur de quelques haras connus (Pompadour, Pin). Le titre ambitieux a pour objectif de décrire les techniques qui permettent de faire du cheval un « athlète heureux », notion introduite en 2003 par la FEI.

Voici les principaux chapitres :

 I Le cheval en bonne santé

 Des besoins de base (alimentation, habitat) au bien-être mental (mise au pré, environnement agréable), ce chapitre fait un résumé des connaissances primaires du cavalier de club.

II Le cheval athlète

 Quelques notions résumées de biomécanique, des schémas simples mais efficaces (pour retenir l’essentiel c’est bien), il aborde aussi le débourrage (techniques, mise au travail puis sur la main)

III Le cheval heureux

C’est un chapitre plutôt « éthologique » (au sens pur) , sur les capacités sensorielles et intellectuelles de l’animal, ainsi que les interprétations de l’humain.

IV Le cheval juste

Définition du cheval qui travaille « juste » selon le niveau du couple. Nombreux schémas ou photos. Mécanique et fonctionnement du dos. Observation de la locomotion.

VI Le travail juste

Gros chapitre sur le rythme et la progression du travail. Outils et leurs effets (enrênements, mors, aides du cavalier). Amélioration du cheval (comment arrondir, relâcher, remettre en équilibre).

Le livre est facile à lire, très aéré, beaucoup d’illustrations. Les parties « techniques » sont émaillées d’anecdotes du monde du cheval (courses, dressage, CSO, complet, club), ce qui est agréable. Le lecteur est mis en garde contre les techniques abusives (rênes allemandes mal utilisées, travail trop fermé, incapacité du cavalier à se remettre en question). On ne peut qu’adhérer à cette  volonté de concilier sport et bien-être équin en se basant sur de solides connaissances, comportementales et physiques.

Cependant je reste un peu sur ma faim. L’approche globale est intéressante, mais rien de bien nouveau pour un cavalier expérimenté (nourriture, actions des différents mors …). Les schémas restent simplistes. J’attendais surtout l’avis du Juge sur les dérives du dressage moderne. L’auteur nous parle de préserver le cheval dans son mental et son physique ( travail du dos, relâchement, contact doux avec la bouche, sorties au paddock) ce qui est une très bonne chose. Mais qu’en est-il alors de tous ces cavaliers classés à Haut Niveau, dont les chevaux montrent tous les signes de contraction décrites dans ce manuel ? Qui leur attribue les notes, et donc la clef de la célébrité ?

La FEI recherche des « athlètes heureux », mais la liste impressionnante des scandales dans toutes les disciplines continue à rendre difficile cette jolie utopie.

Ce livre est intéressant pour un cavalier de club souhaitant avoir une vision plus globale du cheval de sport et comprendre mieux ce qu’on lui fait apprendre (ou pas !) en club. Il peut aider un propriétaire à se fixer des objectifs de progression cohérents, à comprendre comment travaille son moniteur (bien ou mal). Mais il ne s’adresse pas vraiment aux acteurs de l’équitation « télévisuelle » …