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Les cavalières sont elles des mégères ?

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Alors que les cavalières sont majoritaires dans les centres équestres et sur les terrains de concours, il existe toujours un vieux relent de machisme dans l’air ambiant.

Sont-ce les culottes moulantes qui mettent les hommes dans cet état ?
J’ai trouvé quelques dictons édifiants du folklore européen :

Cheval rétif et femme qui grogne ne font que meilleure besogne

De femmes et de chevaux, il n’en est pas sans défaut

Et pour finir en beauté, un vieux proverbe danois :

Conduis ton cheval par le mors et ta femme par le bâton.

Les premières cavalières qui ont été se frotter aux cavaliers de l’E.N.E. (en 1984) ont certainement du s’imposer et se montrer à la « hauteur des hommes » pour dompter les fougueux destriers. C’est qu’à cette époque, l’enseignement de l’équitation ressemblait à une sorte de Kho Lanta. Non tu ne montais pas Berlingot le shetland en pony games. Oui tu devais saigner du postérieur après ta séance de mise en selle avec Hulk le SF d’un mètre quatre-vingt ( tu continues d’ailleurs à dire qu’il faisait un mètre quatre-vingt quinze tellement tu le trouvais immense du haut de tes 10 ans).

Bref, comme dirait Bernard Laporte : « c’était une équitation virile mais correcte« . (à lire avé l’accent)

Mais voilà, les années ont passé. De plus en plus de femmes à haut niveau prouvent qu’il n’est pas forcément question de biceps et de poils aux bras pour sauter de grosses barres.

Alors question : pourquoi y a-t-il autant de mégères dans les paddocks ?

Il y a 2 semaines, une cavalière « connue » dans la région, est au paddock. J’assiste le commissaire. Pour la cinquième fois en 10 minutes, elle me demande le nombre de chevaux qu’il lui reste avant l’entrée en piste, je regarde le listing et lui répond. Sa réponse, elle l’a hurlée, visiblement très fière d’elle : « Ouai merci, et tu veux pas un café aussi ? »

Je cherche toujours la vanne. Ou la cause de cet énervement soudain, suivi d’un « elle est jeune, elle apprend la pauvre *rire démoniaque* ». Ça m’a fait quand même plaisir qu’elle me donne 10 ans de moins je dois dire. J’ai remarqué qu’elle ne réservait ce genre de petites attentions qu’aux femmes. Peut-être sa façon à elle de dire qu’elle nous renie, que par ses performances elle fait maintenant partie du sexe fort. Loin de la cohorte des cavalières chevauchant le dimanche leur equiduspournunuche.

Elle n’est pas un exemple isolé malheureusement. Et de nos jours, un homme peut se permettre d’être tout à fait désagréable à hauteur de ce que les autres cavaliers vont lui permettre. Cette hauteur se jauge à l’apparition de la première interaction physique entre les participants (claques, coup de boule ou câlin, mais c’est plus rare). Pour les femmes c’est différent, on mettra toujours leur mauvais caractère sur le dos de leurs ovaires. Pourtant elles ont aussi le droit d’être énervées, stressées ou malpolies. Même si les scientifiques ont montré une corrélation entre la testostérone et l’agressivité, il n’en est pas de même pour la bêtise, que nous partageons à égalité avec les individus dits de « type masculin » ( à lire avec l’accent du gendarme cette fois ci).

Alors ensemble, résistons à l’envie de proposer du Prozac aux harengères, le remède pour elles serait plutôt un livre sur les bonnes manières de Nadine de Rothschild, délivré en une fois pleine face.

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Jette ton cœur par dessus l’obstacle …

Avec un telle fougue dans son regard, nul doute que son poney ira au bout du monde !

Avec un telle fougue dans son regard, nul doute que son poney ira au bout du monde !

Parfois j’apprécie autant de regarder un concours que d’y participer. Quand on est spectateur, on peut voir les caractères des différents cavaliers, et moi j’aime ça. Je me lance dans la psychologie de comptoir, assise confortablement une bière à la main.

Attention je fais aussi de l’analyse fine et méthodique afin de vous livrer de nouvelles théories équestres improbables révolutionnaires. Aujourd’hui dissertation :

Le caractère du cavalier a-t-il plus d’influence que sa technique lors d’un concours de CSO ?

Vous avez 4 heures.

Revenons à la source de ce questionnement. Moi évidemment.

L’autre dimanche, je parcourais gaillardement mon épreuve très attachée à bien suivre les conseils du Tout Puissant (pas Dieu, l’Instructeur). Déboutée de ma demande de sans faute  par une barre dès le numéro 3, je n’avais plus aucune pression, hormis celle de faire quelque chose de propre. J’avais bien « retiendu » (oui c’est fait exprès pour l’humour voyez-vous) de lâcher la grappe (et la bouche) de mon equidusquisortdutriplus. Me sentant bien durant cette « pause » de 3 foulées, je me laissais partir dans la rêverie, emportée par le doux clapotis des sabots de ma céleste monture sur le sable blanc…

HUM! Moui … Pour faire court, je le laisse se mettre bien sur les épaules, on tourne tel un paquebot, rêne intérieure bien présente. Il glisse donc 2 foulées avant l’oxer, je me dis « oh le pauvre » au lieu d’agir avec la jambe, il retape, se dit « merde ça fait beaucoup d’effort je laisse tomber », enfin je ne sais pas s’il connait le mot « merde », mais sa phase d’ascension s’est stoppée nette. Tel le moineau se prenant une vitre.

Il atterrit donc les antérieurs dans l’oxer. Et moi …. bah rien. Je suis dessus et j’attend. Comme si quelqu’un allait venir jouer au Mikado avec moi.

ANALYSE :

Déjà il fallait appuyer la foulée qui sortait, même s’il a glissé. On ne change pas d’avis devant la barre, c’est un peu tard. Ensuite ok, t’as fait un strike, t’es pas tombée, ton cheval est ok (en plus lui pour le coup ce n’est pas le genre de péripétie qui le bouleverse) : alors qu’est ce que tu fais au milieu de cet oxer tel le penseur de Rodin (ou plutôt rondin ici) ?

Justement penser c’est bien, mais agir c’est mieux. Malheureusement pour moi, déjà enfant,  je préférais faire des puzzles plutôt que d’expérimenter les lois de la gravité en grimpant aux rideaux. Si tout n’est pas calculé à l’avance je ne me lance pas. Rajouter à cela ma peur de blesser mon cheval, tendance angoisse chevillée au corps. Un jour je m’allongerai sur le canapé et vous raconterai mon enfance et pourquoi je suis tombée de l’échelle (sur la tête ?).

Est-ce que ce trait de caractère m’handicapera toujours à cheval ? Incapable de prendre une décision dans le feu de l’action, je me ratatine en attendant que mon cheval décide pour deux. Heureusement qu’il n’a pas fait trop de puzzles étant petit, lui !

Un cavalier qui réagit vite et n’a pas peur de rentrer dans l’action n’aura-t-il pas plus de chances de terminer sans faute ses tours? Il donnera aussi confiance au cheval. Evidemment dans un cas comme le mien il aurait continuer en traversant l’oxer et serait aller sauter le suivant, plutôt que de revenir après reconstruction du Mikado géant (encore un puzzle ! Ça me poursuit).

Après, trop d’action au détriment d’une belle équitation peut aussi nuire au cheval. Certains tours de vitesse me font juste peur en voyant certains cavaliers roulant à tombeau ouvert, manquant le panache à la moindre hésitation.

Evidemment le top du top est de maîtriser la technique, d’avoir un cheval bien travaillé et un mental en acier (vous voyez le style calme, déterminé, mâle alpha quoi). Mais je ne suis pas de ceux qui s’illusionnent, j’ai déjà pour moi un cheval bien travaillé,je peux l’affirmer sans rougir. Cela dit on peut toujours travailler sur soi.

Pourquoi faire du concours me diront certains ? Et bien justement pour progresser dans des prises de décision, dans des problématiques que tu ne rencontres pas chez toi, bercer dans tes petites habitudes.

Connaissez-vous Abdelkebir Ouadard ? Fougueux cavalier défiant par moment les lois de la gravité. J’ai cherché un de ses tours incroyables, où à moitié à côté de sa selle après un gros saut, il continue coûte que coûte, sous les hourras du public, ahuri par le style du couple (le cheval étant au moins aussi dingue que le cavalier). Mais je n’ai trouvé que celui-ci :

https://www.youtube.com/watch?v=Vt6F-x6dKM8

Que l’on trouve son style parfois déroutant n’enlève pas que sa conviction saute aux yeux. Le cheval est aussi exceptionnel.

Evidemment je ne compare pas des cavaliers de 5* avec des amateurs.

Mais preuve en est que la volonté du cavalier peut le sortir des pires situations. Pour le même niveau, le cavalier hardi ira plus loin c’est sûr. Celui qui aime les puzzles, devra quant à lui compenser par la stratégie et le travail.

Et vous : tête brûlée ou bison futé ?