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Le chiot qui plisse

Voici un adorable chiot de 2 mois, fraîchement arrivé dans ma famille. Ce n’est pas le mien, même s’il donne furieusement envie de se jeter sur le premier chiot disponible. Voilà justement le sujet que je voudrais aborder. Le choix (ou pas !) de prendre un animal chez soi.

Je mets du toutou mimi. Ça fait rêver. Mais :

Combien de photos/vidéos sur les réseaux sociaux d’animaux trop mignons achetés sur un coup de tête dans l’animalerie du coin, que l’on retrouve à vendre parfois 6 mois après sur le bon coin, parce qu’au choix :

– On a trouvé du travail (oui y en a, au chômage, qui achètent un chihuahua 1000 euros, puis se rendent compte qu’il faut aussi le sortir pour qu’il fasse ses besoins, et que finalement quand on trouve du travail 3 mois après c’est fatigant, surtout l’hiver)

– Il fait des bêtises pendant les absences. J’attire l’attention pour expliquer aux gens que le chien est un peu comme les jouets des enfants : ils ont leur vie propre quand on n’est pas là (oui j’y crois et alors ?). Il bouge. Il se peut qu’il ait même à faire ses besoins au bout des 12 heures d’absence quotidienne du maître, ce filou !

– Ça coûte cher. Et quand vous achetez une voiture, rassurez moi, vous comptez l’assurance, l’essence et les réparations éventuelles non ? Ça s’appelle un budget et c’est valable pour tout, surtout quand c’est vivant.

– Il n’écoute rien. Un slogan cadeau : Un enfant, ça s’éduque ? Un chien aussi.

– En parlant d’enfants, on voit souvent le ménage d’animaux arriver au même moment que leur venue au monde. Ou les allergies. Est-ce bien raisonnable de prendre un rottweiller dans un T2 alors que l’on est enceinte ? ( J’ai pris l’exemple du rottweiller exprès, ne commencez pas avec la stigmatisation ( clin d’oeil à quelques passionnés de molosses que je connais), il y aussi des shitzus abandonnés parce qu’ils sont jaloux du bébé.)

– Et le classique : ils n’acceptent pas les chiens dans notre club de vacances, et le faire garder c’est dire adieu à mon budget crème solaire et Papagayo. On me dit dans l’oreillette que vous faites bien de les abandonner, parce que le chien ne mérite pas un maître si con (Oh ! L’oreillette s’emballe un peu).

Bref, je vous parle des chiens, mais les autres animaux ont aussi leurs lots de boulets propriétaires, qu’on se rassure. Quand je vois des gens qui achètent des cochons d’Inde à leurs mômes et continuent de dire que c’est un hamster, parce que c’est pareil (????). Les tortues de Floride, que l’on relâche dans les étangs. Génial ! Elles pourront éradiquer toutes les couvées futures de canetons, de poules d’eau et autres amphibiens. Les oiseaux en cage qui meurent de faim parce que le propriétaire ne savait pas qu’ils décortiquent leurs graines, laissant seulement un tas d’enveloppes vides, pendant que lui voyait la mangeoire pleine. Cette même personne a racheté plusieurs chiots après que les autres se soient noyés dans la piscine.

Nos equidusproprionullus ne sont pas en reste : Le shetland / tondeuse dans son jardin : les yeux ébahis de la famille lorsqu’ils apprennent qu’il faut le complémenter en hiver, lui parer les pieds et même le vacciner – la vie est dingue quand même ! – Je ne comprend pas que lorsqu’on accueille un être vivant chez soi, on ne se renseigne pas sur son mode de vie, ses besoins et son dressage. Il y a des livres. Et si on aime pas lire, et bien on se force, ou on va sur internet (mais faut lire aussi, dur !). Il a des forums pour chaque espèce /race. Et si vraiment c’est trop difficile, le vétérinaire me semble assez bien placé pour expliquer que le lapin nain ne se nourrit pas de reste de hamburgers. Le vendeur en animalerie n’est pas forcément le meilleur conseiller, certains n’y connaissent rien et ils poussent à la vente.

Evidemment il y a parfois des coups durs dans la vie, on ne peut tout prévoir 20 ans à l’avance. Et personne n’est à l’abri de ne plus pouvoir s’occuper de son animal. C’est pour ça qu’il serait temps de calmer cette prolifération d’achats sur un coup de tête. Prévoir aussi un budget stérilisation, pour éviter à moustachette (votre chatte au cas où l’énigme soit trop compliquée) de mettre au monde 50 boules de poils au cours de sa vie. Histoire que ceux qui ont de vrais problèmes puissent voir leurs animaux confiés rapidement, sans être entassés avec les animaux-caprices-d’un-jour, dans les refuges surpeuplés.

Pour finir quelques photos de l’animal, parce que d’ici 6 mois il sera grand, donc beaucoup moins intéressant … (d’ailleurs on le nourri avec de la salade, c’est bien ?)

Oh que c'est meugnon !

Oh que c’est meugnon !

On ne peut pas être à son avantage tout le temps...

On ne peut pas être à son avantage tout le temps…

Jette ton cœur par dessus l’obstacle …

Avec un telle fougue dans son regard, nul doute que son poney ira au bout du monde !

Avec un telle fougue dans son regard, nul doute que son poney ira au bout du monde !

Parfois j’apprécie autant de regarder un concours que d’y participer. Quand on est spectateur, on peut voir les caractères des différents cavaliers, et moi j’aime ça. Je me lance dans la psychologie de comptoir, assise confortablement une bière à la main.

Attention je fais aussi de l’analyse fine et méthodique afin de vous livrer de nouvelles théories équestres improbables révolutionnaires. Aujourd’hui dissertation :

Le caractère du cavalier a-t-il plus d’influence que sa technique lors d’un concours de CSO ?

Vous avez 4 heures.

Revenons à la source de ce questionnement. Moi évidemment.

L’autre dimanche, je parcourais gaillardement mon épreuve très attachée à bien suivre les conseils du Tout Puissant (pas Dieu, l’Instructeur). Déboutée de ma demande de sans faute  par une barre dès le numéro 3, je n’avais plus aucune pression, hormis celle de faire quelque chose de propre. J’avais bien « retiendu » (oui c’est fait exprès pour l’humour voyez-vous) de lâcher la grappe (et la bouche) de mon equidusquisortdutriplus. Me sentant bien durant cette « pause » de 3 foulées, je me laissais partir dans la rêverie, emportée par le doux clapotis des sabots de ma céleste monture sur le sable blanc…

HUM! Moui … Pour faire court, je le laisse se mettre bien sur les épaules, on tourne tel un paquebot, rêne intérieure bien présente. Il glisse donc 2 foulées avant l’oxer, je me dis « oh le pauvre » au lieu d’agir avec la jambe, il retape, se dit « merde ça fait beaucoup d’effort je laisse tomber », enfin je ne sais pas s’il connait le mot « merde », mais sa phase d’ascension s’est stoppée nette. Tel le moineau se prenant une vitre.

Il atterrit donc les antérieurs dans l’oxer. Et moi …. bah rien. Je suis dessus et j’attend. Comme si quelqu’un allait venir jouer au Mikado avec moi.

ANALYSE :

Déjà il fallait appuyer la foulée qui sortait, même s’il a glissé. On ne change pas d’avis devant la barre, c’est un peu tard. Ensuite ok, t’as fait un strike, t’es pas tombée, ton cheval est ok (en plus lui pour le coup ce n’est pas le genre de péripétie qui le bouleverse) : alors qu’est ce que tu fais au milieu de cet oxer tel le penseur de Rodin (ou plutôt rondin ici) ?

Justement penser c’est bien, mais agir c’est mieux. Malheureusement pour moi, déjà enfant,  je préférais faire des puzzles plutôt que d’expérimenter les lois de la gravité en grimpant aux rideaux. Si tout n’est pas calculé à l’avance je ne me lance pas. Rajouter à cela ma peur de blesser mon cheval, tendance angoisse chevillée au corps. Un jour je m’allongerai sur le canapé et vous raconterai mon enfance et pourquoi je suis tombée de l’échelle (sur la tête ?).

Est-ce que ce trait de caractère m’handicapera toujours à cheval ? Incapable de prendre une décision dans le feu de l’action, je me ratatine en attendant que mon cheval décide pour deux. Heureusement qu’il n’a pas fait trop de puzzles étant petit, lui !

Un cavalier qui réagit vite et n’a pas peur de rentrer dans l’action n’aura-t-il pas plus de chances de terminer sans faute ses tours? Il donnera aussi confiance au cheval. Evidemment dans un cas comme le mien il aurait continuer en traversant l’oxer et serait aller sauter le suivant, plutôt que de revenir après reconstruction du Mikado géant (encore un puzzle ! Ça me poursuit).

Après, trop d’action au détriment d’une belle équitation peut aussi nuire au cheval. Certains tours de vitesse me font juste peur en voyant certains cavaliers roulant à tombeau ouvert, manquant le panache à la moindre hésitation.

Evidemment le top du top est de maîtriser la technique, d’avoir un cheval bien travaillé et un mental en acier (vous voyez le style calme, déterminé, mâle alpha quoi). Mais je ne suis pas de ceux qui s’illusionnent, j’ai déjà pour moi un cheval bien travaillé,je peux l’affirmer sans rougir. Cela dit on peut toujours travailler sur soi.

Pourquoi faire du concours me diront certains ? Et bien justement pour progresser dans des prises de décision, dans des problématiques que tu ne rencontres pas chez toi, bercer dans tes petites habitudes.

Connaissez-vous Abdelkebir Ouadard ? Fougueux cavalier défiant par moment les lois de la gravité. J’ai cherché un de ses tours incroyables, où à moitié à côté de sa selle après un gros saut, il continue coûte que coûte, sous les hourras du public, ahuri par le style du couple (le cheval étant au moins aussi dingue que le cavalier). Mais je n’ai trouvé que celui-ci :

https://www.youtube.com/watch?v=Vt6F-x6dKM8

Que l’on trouve son style parfois déroutant n’enlève pas que sa conviction saute aux yeux. Le cheval est aussi exceptionnel.

Evidemment je ne compare pas des cavaliers de 5* avec des amateurs.

Mais preuve en est que la volonté du cavalier peut le sortir des pires situations. Pour le même niveau, le cavalier hardi ira plus loin c’est sûr. Celui qui aime les puzzles, devra quant à lui compenser par la stratégie et le travail.

Et vous : tête brûlée ou bison futé ?