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Commissaire au paddock – partie 1-

aneassis

Après une longue absence, me revoilà pleine d’envie de vous faire partager des réflexions de la plus haute importance, évidemment. J’avais envie de vous parler d’un personnage dont on entend peu parler et qui pourtant joue un rôle ESSENTIEL en concours. Le commissaire au paddock.

J’endosse parfois ce rôle les weekends, ce qui me rend totalement OBJECTIVE et me permet donc de lutter contre quelques idées reçues dont les cavaliers souffrent parfois.

Idée reçue numéro 1 :

Cette personne assise à l’entrée du paddock, doit s’ennuyer ferme, elle doit aimer jouer à « Où est Charlie ? » ou bien « Qui-est-ce ? »

Non non cher cavalier, tu te méprends ! Même si le temps passe beaucoup moins vite assis dans le froid qu’à cheval, le commissaire n’a pas envie de jouer à deviner qui vient de rentrer dans le paddock. Ce n’est d’ailleurs pas son rôle, puisqu’il doit contrôler que le couple inscrit est bien celui qui vient détendre. Il convient donc de se présenter ! Un peu comme quand on rentre dans une pièce avec des gens et qu’on dit bonjour, un truc qui se perd mais reste fort sympathique. Certains cavaliers semblent penser que leur entrée irradie le paddock d’une douce lumière et que leur nom résonne automatiquement dans nos têtes. Ce n’est pas toujours le cas et même si on vous reconnait on doit aussi vérifier que le cheval est le bon (hein les blaguistes qui échangent l’ordre de passage de leur chevaux …)

Idée reçue numéro 2 :

Cette personne qui tient un micro, assise en plein soleil, est donc là pour me donner toutes les 3 minutes mon ordre de passage.

Là encore je vais te décevoir cher cavalier. A la base, le commissaire au paddock n’est pas censé appeler les cavaliers, il est là pour la sécurité. La personne censée rappeler à Brandon sur Coconut des Valseuses qu’il doit quitter le paddock s’appelle en vrai un aboyeur. Tellement glamour comme terme qu’il n’y a plus trop de candidats parmi les bénévoles. « Kestufé ce weekend ? Oh rien, l’aboyeur. »

C’est donc le commissaire qui s’occupe de rappeler à Brandon qu’il passe dans 3 chevaux … 2 chevaux … 1 cheval … Brandon on y va … Brandon faut y aller … Brandon on va se fâcher … la terre appelle Brandon… Bref on se régale !

Idée reçue numéro 3 :

Cette personne planquée dans un van à l’entrée du paddock doit aimer jouer à cache-cache

Décidément en certains cavaliers se cache l’âme d’un enfant toujours prompt à inventer de nouveaux jeux. Le plus connu étant le mikado (avec figure de style), il y a aussi la mode du jeu de construction. J’ai pu constater que certains coachs aimaient se cacher pour construire des oxers plus originaux les uns que les autres : descendants, polonais, plus large que haut, avec les barres coincées ou au contraire habilement fautives. L’imagination n’a aucune limite pour « préparer » les chevaux (par contre pour préparer les cavaliers …) et le rôle du commissaire est d’arriver à empêcher ce genre de pratiques, dangereuses et peu pédagogiques (surtout quand l’enjeu est une prépa 105, on est pas aux JO hein).

J’espère que ces éclaircissements vous réconcilieront avec cet officiel de compétition esseulé (pendant que les autres se bidonnent au jury) et qu’ils vous donneront envie de venir le saluer, car c’est vraiment un être exceptionnel, plein de compassion et de justice… ( J’en fais trop ?)

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Harakiri

On les idéalise parfois un peu trop ....

On les idéalise parfois un peu trop ….

C’était un dimanche matin calme ( pas de tir de chasseurs  à l’horizon), presque frais avant les chaleurs de l’été indien. Afin de préparer le prochain concours, on décide de travailler un petit enchaînement sympathique en forme de « S ». Je mets le hackamore, réglé très doux, et ça lui convient pour enchaîner, il se libère, ne cherche plus à batailler dans la bouche, trois grammes dans les doigts, on toucherait presque du doigt le rêve. Avancer, ré-équilibrer avec le poids du corps et laisser sauter sans contrainte. Tel est mon Graal de la journée.

Tout c’est bien passé, j’ai des étoiles dans les yeux. Voilà c’est fini.

(C’était la version médiatique)

Version cavalier :

Belle matinée pour sauter un peu, mon homme me prépare un petit « S » à travailler. L’equidussurl’oeilus est bien dans son physique, moins dans sa tête. Deux côtés de la carrière sont des zones DTI ( pour zones à demi-tour imminent), et on en rajoute une  devant un sous bassement qu’il saute pourtant régulièrement. Il existe les terreurs nocturnes pour les enfants, et les terreurs équines pour les AA. Il faut vivre avec.

Mais grâce à mon talent équestre certain,  ou à des prières chamaniques au choix,  je me joue des difficultés telle Pénélope des rivières ( blague JEM évidemment ).

Dernier passage : je tourne bien, ce qui est assez rare pour le souligner et je suis même à ma place. La foulée qui vient divinement, m’appelle par delà l’horizon.

Pourquoi donc ce sentiment de sliding-stop ?

Il retape? Il s’arrête ? Ah non finalement il saute …

…Et puis non : c’est une dérobade de l’arrêt…en plein sur le chandelier en fer.

ARGHHHHHH !!!! Mon equidus a essayé de planter sa gorge sur le chandelier en fer. Il a loupé son suicide collectif avec lui même, mais il s’est ouvert correctement derrière le genou.

Questionnement existentiel habituel : qu’ai-je donc fait ? Je n’ai pas tiré, je n’ai pesé pas dans ma selle, je n’ai pas essayé de me ratatiner à l’abord, mais alors pourquoi ?

Nous laissons donc la parole à l’equidusscarificatus pour éclaircir ce dernier point :

C’était un jour. Je me retrouve seul dans cette carrière où pas plus tard qu’il y a deux jours, un vilain lièvre faisait le malin. L’autre humanusprisedetêtus a besoin de 2 passages pour être à sa place. Pendant que l’humanuslaborius agite son petit corps pour se sentir en harmonie avec elle-même, je me prépare à sauter.

Et là !!! Vous ne devinerez jamais ce qui se trame à droite.  Le vilain léporidé debout contre la haie me fait un geste obscène. Je réfléchis à ma riposte. Mais je ne peux pas utiliser mon majeur, c’est la misère ces sabots. En plus les miens sont moches.

On faisait quoi déjà ? Un obstacle ? Ou ça ?

AIEUUUHH !

 

 

Moralité : pour se manger un chandelier, rien ne sert de monter comme un pied.