Le cheval juste

cheval juste

J’inaugure aujourd’hui une nouvelle catégorie du blog : la fiche de lecture.  Le principe sera le suivant : je résume brièvement et donne mon avis. Comme ça vous pourrez faire semblant d’avoir lu aussi quelques bouquins d’équitation … (je me permet de taquiner le lecteur d’entrée de billet parce que je sais que ce post ne me permettra pas de faire dans le récréatif).

J’ai choisi pour commencer le Cheval juste de Bernard Maurel, juge officiel de dressage et ancien Directeur de quelques haras connus (Pompadour, Pin). Le titre ambitieux a pour objectif de décrire les techniques qui permettent de faire du cheval un « athlète heureux », notion introduite en 2003 par la FEI.

Voici les principaux chapitres :

 I Le cheval en bonne santé

 Des besoins de base (alimentation, habitat) au bien-être mental (mise au pré, environnement agréable), ce chapitre fait un résumé des connaissances primaires du cavalier de club.

II Le cheval athlète

 Quelques notions résumées de biomécanique, des schémas simples mais efficaces (pour retenir l’essentiel c’est bien), il aborde aussi le débourrage (techniques, mise au travail puis sur la main)

III Le cheval heureux

C’est un chapitre plutôt « éthologique » (au sens pur) , sur les capacités sensorielles et intellectuelles de l’animal, ainsi que les interprétations de l’humain.

IV Le cheval juste

Définition du cheval qui travaille « juste » selon le niveau du couple. Nombreux schémas ou photos. Mécanique et fonctionnement du dos. Observation de la locomotion.

VI Le travail juste

Gros chapitre sur le rythme et la progression du travail. Outils et leurs effets (enrênements, mors, aides du cavalier). Amélioration du cheval (comment arrondir, relâcher, remettre en équilibre).

Le livre est facile à lire, très aéré, beaucoup d’illustrations. Les parties « techniques » sont émaillées d’anecdotes du monde du cheval (courses, dressage, CSO, complet, club), ce qui est agréable. Le lecteur est mis en garde contre les techniques abusives (rênes allemandes mal utilisées, travail trop fermé, incapacité du cavalier à se remettre en question). On ne peut qu’adhérer à cette  volonté de concilier sport et bien-être équin en se basant sur de solides connaissances, comportementales et physiques.

Cependant je reste un peu sur ma faim. L’approche globale est intéressante, mais rien de bien nouveau pour un cavalier expérimenté (nourriture, actions des différents mors …). Les schémas restent simplistes. J’attendais surtout l’avis du Juge sur les dérives du dressage moderne. L’auteur nous parle de préserver le cheval dans son mental et son physique ( travail du dos, relâchement, contact doux avec la bouche, sorties au paddock) ce qui est une très bonne chose. Mais qu’en est-il alors de tous ces cavaliers classés à Haut Niveau, dont les chevaux montrent tous les signes de contraction décrites dans ce manuel ? Qui leur attribue les notes, et donc la clef de la célébrité ?

La FEI recherche des « athlètes heureux », mais la liste impressionnante des scandales dans toutes les disciplines continue à rendre difficile cette jolie utopie.

Ce livre est intéressant pour un cavalier de club souhaitant avoir une vision plus globale du cheval de sport et comprendre mieux ce qu’on lui fait apprendre (ou pas !) en club. Il peut aider un propriétaire à se fixer des objectifs de progression cohérents, à comprendre comment travaille son moniteur (bien ou mal). Mais il ne s’adresse pas vraiment aux acteurs de l’équitation « télévisuelle » …

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Publié le 6 août 2014, dans Fiche de lecture, et tagué , , , . Bookmarquez ce permalien. 4 Commentaires.

  1. Déjà bien que cela s’adresse à la plus grand majorité d’utilisateurs d’équidés… Encore faut-il lire le livre et en appliquer les principes décrits 😉
    Quand au « haut niveau »… si les chevaux y étaient heureux cela se saurait … 😉

    • Exact, c’est un peu le paradoxe du livre.. mais c’est vrai que c’est le genre de livre qui a une approche globale du bien-être et du travail et c’est rare. En gros c’est un peu un livre de « bases » de travail et de soins.

  2. Je ne crois pas qu’il faille attendre d’un juge international de dressage (du dressage de sport moderne, donc), qu’il remette en question son propre système…
    Je comprends que tu restes sur ta faim, mais c’était un peu attendu… 😉

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