Les cavaliers sont râleurs

martineacheval

 

Avez-vous vu la nouvelle publicité de TF1 : « les français sont râleurs ? »

J’ai l’impression que ça fonctionne aussi pour les cavaliers de concours. Si je ne blogue pas depuis quelques temps c’est que j’ai la flemme, la saison de concours a repris, avec son cortège d’horaires époustouflants (6h ? vous n’y pensez pas très cher … si ?).

L’autre jour deux amies courageuses sont venues me voir monter. Je dis « courageuses » puisqu’elles ont même tenté une approche pour communiquer. Ne recevant pour réponse qu’un grognement approximatif se terminant par : « gna gna c’est haut grrrr, l’épreuve est grrrr difficile gna gna », elles décidèrent de prendre des photos de ma performance au paddock. Quelques plans sur le couple qui saute … parfait évidemment ! Puis quelques plans sur mon visage épanoui, celui de fille qui a la chance de vivre pleinement sa passion (l’honneur m’interdit de publier ces photographies : j’ai la tête d’un condamné à l’échafaud, qui aurait en plus un ulcère, assis sur une selle enduite à la soude). On pourrait la sous-titrer par : « Viendez faire du concours les z’amis, ici on rigole bien ! » Mais si on regarde bien, je ne suis pas la seule à avoir l’air de me battre contre les douleurs de la crise hémorroïdaire : tous les autres cavaliers du paddock ont l’air d’être touchés par le même mal : Faire la gueule ! A ma décharge, au début j’étais un peu naïve et je souriais aux autres cavaliers, mais j’ai été stoppée dans mon élan walnutgrovien (référence à la Petite Maison dans la prairie, les chômeurs cultivés l’auront compris). Choqués par mon air béat, les filles me répondaient par un regard condescendant et les hommes entrevoyaient là un appel à la séduction. Ici dans la jungle paddockiale, on est là pour en baver … hein Rambo ? (c’est mon equidus paddockius)

Revenons à cette charmante matinée, je rejoins la piste. S’en suit un tour pas terrible au niveau du résultat, que je leur ai imputé évidemment : « Vous m’avez porté la poisse ! »

C’est bien connu, si je ne tends pas mon cheval sur les verticaux, c’est la faute du public.  Pourtant je n’étais pas vraiment déçue de ma performance qui était loin d’être catastrophique, juste un détail à régler, puisque la même faute s’est reproduite seulement sur les verticaux, le reste étant très bien, voire excellent, n’ayons pas peur des superlatifs. Le cavalier est aussi imbu de sa personne.

Après avoir passé le reste du weekend au paddock (stage de commissaire, tremblez paddockiens !), j’ai suivi comme il se doit la Coupe Du Monde de Lyon. Et là on s’aperçoit que même à ce niveau il existe des polémiques concernant le chef de piste, le temps imparti et les règles appliquées par le jury !

Récapitulatif : 2ème épreuve le samedi soir, 21 cavaliers sur 38 se retrouvent au barrage. Le chef de piste Franck Rothenberger à l’issue du premier partant demande au jury de baisser le temps imparti. Cette pratique est courante, même si elle peut désavantager les premiers concurrents. Cette fois ci le jury a refusé, arguant que le chef de piste n’avait qu’à mieux calculer le tracé et la vitesse sur cette piste (en indoor, mais très grande).

Résultat : trop de barragistes !

Fallait-il mettre un tour plus gros, mettant encore plus les chevaux à l’effort ? Faut-il revenir aux épreuves d’antan, où les obstacles étaient massifs et énormes ? Fallait-il vraiment suivre le règlement à la lettre ce jour-ci ?

 

Bref des histoires et des remous en oubliant souvent le principal intéressé : notre ami l’equidus concourquipiquus !

Ces polémiques il y en a dans tous les concours : tours trop compliqués, trop faciles, piste trop dure, trop molle, trop de monde au paddock, incivilités … Chacun est libre de concourir ou non si la piste ne convient pas. On connait aussi les différents chefs de piste, donc si on n’apprécie pas le travail d’untel, pourquoi s’engager ? Si on sait que Jason-Antoine (ceci est un cryptonyme, comme votre finesse intellective vous l’aura habilement suggéré) met des côtes maximales ou que Dylan-Didier a le goût du tracé nécessitant l’aide du GPS, à vous d’engager les épreuves vous correspondant au mieux. Et si vraiment vous faites 12 points tous les weekends, peut-être faut-il songer à changer autre chose que le chef de piste.

J’ai vu aussi des cavaliers très stressés au paddock parce que leur coach ne s’est pas levé (une habitude pour certains), devenant limite malpolis. Au lieu d’agresser tout le monde, pourquoi ne pas envisager de changer de coach pour faire du concours plus sereinement ?

OK  : on est concentré, il faut se rappeler le tour, gérer son cheval au milieu des autres, se focaliser sur son coach mais :

Un sourire, un bonjour, un merci, ça ne mange pas de pain comme dirait Jean Pierre Pernaut. Mais encore faut-il s’y mettre tous ensemble, ça évitera les incompréhensions. Et se rappeler de temps en temps que monter en concours est un privilège que beaucoup ne peuvent s’offrir, alors on en profite, au lieu de ressembler à un groupe de touristes aux Baléares qui feraient la gueule parce que le sable est trop chaud. Allez, je commence dimanche, promis !

 

PS : J’ai tout de même compati pour les cavaliers clubs (3 et 2) qui se sont vus imposer un joli mur en numéro 1 de leur épreuve sur l’herbe l’autre jour. Sympa d’avoir les mêmes difficultés qu’à la Coupe du Monde (le numéro 1 était un mur dans la dernière épreuve lundi), mais je crois qu’à leur niveau l’intérêt est plutôt de les initier sans les dégoûter.

https://www.youtube.com/watch?v=cj8ZOd1zjuY

 

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Publié le 23 avril 2014, dans Réflexions, et tagué , , , . Bookmarquez ce permalien. 21 Commentaires.

  1. Paraît qu’en TREC, l’ambiance est à la bonne franquette, et tout le monde se connaît (pour les amateurs). Tout n’est pas perdu ! 😀

  2. Ce qui m’a dégoûté des concours… En tout cas en CSO. Je n’en pouvais plus des cavaliers au paddock se prendre pour les meilleurs cavaliers du monde…

    • C’est dommage que ça en dégoûte certains en effet, parce qu’au final on peut vraiment trouver des gens sympa aussi … mais je comprend que certains se tournent vers d’autres horizons.

  3. C’est avec joie que je lis ce nouvel article, et les détails retranscris avec humour…
    encore une fois merci pour ces écrits distrayants tout en étant véridiques !! 🙂

    Un mur en n°1 d’une épreuve club… LOL…
    Le chef de piste devait être frustré de quelque chose !!!

    Décidément cela ne me manque pas !!

    • T’as vu comme c’est sympa ce petit mur ? Bon ok soit disant les clubs sont nuls etc, mais quand même le môme il vient sur ça avec son poney de club, et bien je trouve qu’il a du courage !
      Quant aux paddocks amateurs …. je vais tenter d’y mettre un peu de gaîté, faut que je me déride !

  4. Et c’est pour des concours que tu foires que t’écris pas ???

    mais pense à moi ! enfin !

    Dans tes stats de visite, l’illuminé qui se connecte tous les matins vers 6h sur ton blog, voir si y’a du nouveau avant d’aller bosser… c’est moi !

    Ceci dit, les concours, j’ai jamais compris trop le principe… Pis les français j’aime pas trop ça non plus. Râler, par contre, c’est mon truc, ça me motive 😀

    Merci encore pour cet article !

    • Mais oui ! Tout ça pour ça comme on dit, mais l’avantage c’est que ça m’a permis de râler évidemment, sinon j’aurai été dépourvue…
      Le concours : c’est un endroit ou les gens sont censés se confronter sur des tours qu’ils n’ont pas l’occasion de monter chez eux, et donc essayer de s’améliorer, voire progresser. Malheureusement, beaucoup oublient ce concept.

  5. C’est une des raisons pour lesquelles je ne fais pas de concours. Les gens ont la critique facile et vue que j’ai commencé sur le tard, je n’ai pas la science infuse, je ne connais pas un moult d’expression et je me sens déjà bien bête,pas la peine d’entendre des gens m’enfoncer encore plus.

    De plus je n’ai pas vraiment l’esprit de compétition, mon but étant avant tout de m’amuser, de m’améliorer et d’être contente de mes « réussites » sans pour autant monter sur un podium. Or, quand j’assiste à des concoures, les cavaliers ont oublié le principal : s’amuser. Ce n’est pas la fin du monde de faire tomber une barre, hein? 🙂

    • Mais oui ! Il faut se faire plaisir avant tout. L’avantage d’aller sauter en concours, pour moi, c’est d’avoir une nouvelle piste, avec des jolis obstacles et d’essayer de bien faire. Peu importe le résultat final, même si être sf en montant bien est plus gratifiant qu’en montant mal. cet après-midi, mon cheval a pris peur de quelque chose (que je n’ai pas identifié) et a tourné subitement à gauche alors qu’on partait à droite ! Etant face à la lice j’ai du faire une volte, qui m’a coûté 4 points plus le temps perdu (sur une vitesse dommage !), mais à part ça mon tour était propre, donc je n’ai pas fait la tête. L’important c’est d’être fier de son travail et d’avoir un cheval bien dans ses baskets (même si y a parfois des fantômes).

      • J’ai peut-être une piste, pour ce qui lui a fait peur.

        Moi c’est mes vaches, quand je les rentre à l’étable le soir, (étable où elles sont nées, vivent et connaissent le moindre recoin, on est d’accord) elles font souvent un énorme saut au-dessus de la chaine à fumier derrière leur place.

        Mais ça c’est parce que tous les jours, pour les garder en forme, je mets des grocodiles dans la chaîne, cachés par le fumier, pour qu’ils leur mordent les pieds et la mamelle au moment où elles passent.

        Donc réfléchis, peut-être que quelqu’un avait mis un grocodile des sables pour motiver ton poney ?

        Bonne journée !

      • Le crocrodile en question était le chef de piste. En entrant en piste j’ai été lui montrer le double devant le jury et la paf le chef de piste a trifouillé son décamètre qui a fait un grand « ziiipp » terrifiant. Je n’y ai pas prêté grand cas, sauf que quand il a fallut tourner vers le double y a eu comme disparition de l’équidé très courageux. Evidemment j’en veux à la terre entière !

      • Mais quels cons ces chefs de piste enfin !!! rhooooo…

      • Ca c’est du râlage de compet, bravo !
        A sa décharge, il m’a pas entendu arriver (certainement l’âge…houuuuuu la méchante)

  6. Pour ma part, j’ai pendant longtemps été la bonne pomme qui accompagne les copines en concours, ne sachant pas résister à leur « allez steuplait » et leur petit menton qui tremble. Et un jour, ras le bol… ras le bol de me lever tôt pour des copines qui sont désagréables une bonne partie de la journée parce qu’elles sont stressés puis, quand elles se plantent, deviennent encore plus désagréables. Désormais je me contente d’un bonne chance pour demain, je fais la grasse mat’ et je bouquine en regardant mon canasson se rouler dans l’herbe avec ses potes… QUEL PIED!

    • Ahah ! Comme je te comprend … J’ai pourtant tenté d’être sympathique le week-end dernier et j’ai fais des progrès, mais vraiment l’ambiance est pas toujours au rendez-vous…
      Et puis bon se lever pour aller groomer les copines, là faut vraiment être motivée !

  7. Génial cet article! c’est vrai que les cavaliers qui sont hautains (et encore, j’suis gentille avec certain(e)s), je ne supporte pas! Et c’est super stressant les concours! J’ai essayé une fois, mais ça sera sans moi dorénavant (surtout que si on se plante en club, on est la risée de tous les « grands » cavaliers de la reprise Galop 7)…

    • Il ne faut pas oublié que les « grands » qui font les malins en club élite sont eux la risée de ceux qui font des grosses amateurs quand il se la jouent super cavalier face aux galops 4. Quand les cavaliers comprendront qu’il y a toujours un meilleur cavalier que soi ou que quand on gagne, même si on a bien monté, il y a toujours le facteur chance (puisque quand on perd c’est aussi le cas parfois ! ), les choses iront mieux… Un peu d’humilité ne fera pas de mal !

      • Ouf, heureuse d’entendre ça ! C’est tellement vrai. je suis dans un club, enfin j’étais, et j’en suis partie en parti à cause de ça.
        « Euh s’il te plait, fais pas la maline, moi je tourne en club 1, alors tais-toi ok! ». Je me suis dit qu’il valait mieux aller prendre en DP un cheval avec de bonnes capacités pour essayer de progresser et d’arrêter définitivement les épreuves Club, parce que bons, les gamins de Club 2 qui se prennent pour des champions de monde.. Merci, très peu pour moi! Bon c’est bien vrai que les concours ça fini par manquer, mais bon, j’attends de progresser et de pouvoir tourner plus haut.. En attendant, je me dis qu’il faut profiter de mon gros Equidus Stupidis Obesis !
        En tout cas merci pour ce « blog » vraiment intéressant, c’est très agréable à lire 🙂

      • Merci beaucoup !!
        Avec un dp c’est clair que tu auras le temps de progresser tranquillement avant de retrouver les amateurs…tout aussi sympa ! (enfin ça dépend des concours surtout)

  8. ça c’est clair….

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