Bordeaux : le jumping

Remise des prix CSI 5* Prix Generali.

Remise des prix CSI 5* Prix Generali. Heureusement que je ne suis pas photographe !

Je peux enfin le dire : « J’étais au jumping de Bordeaux ! »

Chaque année depuis mon arrivée dans la région, j’ai toujours eu des imprévus qui m’ont empêchée d’aller assister à ce spectacle du sport équestre.

Je pourrai donc faire un « débriefing » (ou compte rendu pour les francophiles) dans les règles de l’Art de ma soirée du vendredi soir. Je pourrai raconter comme les stands donnent envie.

Je pourrai dire quels cavaliers connus j’ai croisés dans le grand hall. Et ceux pas connus venus pour l’épreuve des partenaires, fiers comme artaban, espérant peut-être qu’une adolescente venue acheter un polo Pénélope Leprevost leur demande un autographe.

Je pourrai aussi raconter l’ambiance et la fascination de voir des couples enchaîner 150 m comme un amateur enchaîne un parcours de cavaletti (enfin comme il le croit).

Je pourrai aussi poster moult photos, mais vous auriez mal aux yeux, tant ma faculté artistique à ce niveau est proche de celle d’un enfant de 5 ans. En plus j’aime profiter du moment sans avoir à gérer un appareil. Et puis ce n’est pas trop mon genre d’aller taper sur l’épaule du Kaïser pour un selfie, qui pourtant me rapporterait un paquet de « like » sur facebook ! (Je peux traduire la phrase sur commande).

Je pourrai donc vous raconter tout ça en y mettant du sentiment, faire dans l’exaltation, des étoiles plein les yeux …

Evidemment je ne le ferai pas !

Non pas que le spectacle m’ait déplu, j’aime le CSO et le haut niveau me fascine : comme beaucoup je crois, à voir comment certains cavaliers peuvent utiliser leurs noms pour vendre des habits. Je passerai sur le derby Devoucoux car je ne connais pas le complet : un vrai challenge pour les cavaliers qui ont joué le jeu, où j’ai parfois fermé les yeux !

Je me suis plutôt posée une autre question : faut-il être forcément dur avec les chevaux pour atteindre ces niveaux ?

Certains cavaliers de haut niveau suscitent une fascination de la part du grand public. Mais que savons-nous réellement d’eux ? Comment juger d’un cavalier quand on ne connait pas bien les chevaux qu’il monte ?

On peut trouver un cheval magnifique, le cavalier discret dans ses aides. Ou un cheval ayant l’air compliqué et un cavalier arrivant à le gérer. On peut aussi se fier aux médias : untel est sur toutes les publicités, il doit donc être super. Ou aux commentateurs télé : il faut parfois savoir entendre les messages subliminaux.

En lisant la presse spécialisée datant de quelques années (et en ayant accès à quelques infos en plus) j’ai retrouvé quelques « casseroles » qui noircissent d’un trait la blanche auréole que certains tentent de retrouver. Chevaux barrés, battus, substances illicites sur les membres.  Séances secrètes  avec des dispositifs que l’on croirait sortis de l’imagination d’un bourreau moyenâgeux.

Evidemment tous ne sont pas comme ça. Et les épreuves aussi ont changé : les obstacles sont moins massifs, les parcours plus techniques, mais ça reste des efforts conséquents pour les quadrupèdes montés sur ressort. Seulement les sommes en jeu sont importantes et une touchette peut avoir de grands effets. Les cavaliers dépendent aussi de leurs propriétaires et la valse des chevaux entraîne dans sa chute l’accès aux plus beaux concours.

Les qualifications pour avoir des points sur les ranking list ou accéder aux nombreuses finales ( Global champion’s tour, Coupe du Monde …) poussent aussi à faire énormément tourner les chevaux, surtout quand les cavaliers ont un petit piquet.

Voilà pourquoi quand je croise un cavalier je ne peux m’empêcher de me demander s’il est gentil avec ses chevaux. Gentil ne veut pas dire niais. On peut être gentil avec les chevaux et méchant avec les humains, ou le contraire.  Gentil comme quelqu’un qui arrive à résoudre la difficile équation du haut niveau : imposer des efforts intenses à un animal sans lui faire peur ou lui faire mal sciemment. Et ça, on ne le voit pas si facilement.

 

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Publié le 9 février 2014, dans Ma vie. Bookmarquez ce permalien. 11 Commentaires.

  1. bonjour,

    Que ce soit sur le jumping de Bordeaux ou ailleurs sur une autre discipline ou activité. Les enjeux économiques font bien trop souvent perdre la tête aux humains, aux dépends des animaux qui eux n’ont rien demandé à la base, et seraient plus heureux en troupeau dans une prairie, ou même enfermés dans leur box…

    C’est curieux j’ai écrit un article hier soir, parlant un peu de cette problématique décevante : les prestations équestres en public, au détriment de l’éducation et des chevaux bien souvent… Ce n’était pas à Bordeaux mais à Avignon. Et je ne suis pas revenue exaltée de ce périple.

  2. Ouais. Me pose la même question… Conjuguer équitation ET éthique, c’est là tout l’art de ce sport!

  3. Du coup, je me sens une véritable « imbécile heureuse »;
    1 imbécile, j’ai jamais compris l’engoument pour la compét. Je crois bien être plus stupidis que mon equus…
    2 Heureuse parce que finalement plus en harmonie avec mon éthique; jamais eu besoin d’artifice de quelque nature que ce soit avec mon equus.

    ahhhhhhhhhh

    • Et pourtant moi j’adore ça ! La technique qu’il faut pour arriver à un certain niveau, gérer son équilibre, celui du cheval, jouer le jeu sans faire perdre la confiance devant la barre. Tout ça me fascine. Mais que quand je vois une belle équitation. Evidemment sur les concours amateurs c’est moins propre, mais il faut bien apprendre aussi … Je conçois aussi que ça ne soit pas la tasse de thé de certains. Mais ce que je ne conçois pas c’est l’aveuglement des fans pour des cavaliers dont ils ne connaissent rien …

  4. « le grand public n’en saura de toute façon jamais rien » peut être, mais certains grooms croisés sur le grand parquet ont un paquet de choses à raconter sur de très grands noms du CSO… et ce n’est pas joli joli. Sans parler dressage et CCE…

    • Mais justement pas facile d’oser parler. Comment trouver une place si on a osé parler d’un cavalier ?
      En dressage c’est vraiment très dur pour les chevaux..

      • le dressage par certains oui… et ce qui est fou c’est que certains sont aussi bon voire meilleurs sans utiliser de méthodes barbares… comme quoi!

      • J’en discutais avec une cavalière de dressage avisée (je tiens beaucoup au terme avisé !) justement et celle ci me disait que pour vraiment faire du très haut niveau, les dresseurs étaient tous très exigeants à un moment. Certains sont de vrais barbares, mais même ceux qui sont qualifiés de gentils font subir à leurs chevaux des entraînements violents. Elle a des beaucoup de connaissances des cavaliers et les méthodes allemandes/hollandaises semblent avoir gagné le terrain. Elle m’a raconté des anecdotes terribles. Mais encore une fois il s’agit du niveau international.

    • Et qui osera un jour en parler ? Sans preuve tangible on peut se retrouver avec un procès sur le dos.

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