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Achats de chevaux : anecdotes d’essais.

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Bien sûr que lors d’un essai, il y a certaines choses logiques à faire  : sauter quelques barres avec un cheval de CSO. Aller en extérieur pour un cheval de TREC.  Tester le calme pour un cheval de loisir. S’assurer du sérieux du vendeur, ou de l’acheteur. Prévoir une visite vétérinaire. Mais parfois il y a des ratés … en voici quelques-uns.

Les anecdotes racontées ici sont issues d’histoires vraies.

L’essai :  » Ah non en fait il n’y en aura pas ! »

C’est malheureusement la majorité des appels que reçoivent les vendeurs, surtout de poneys. Des jeunes filles pleines d’espoir posent moult questions, prennent rendez-vous, mais en fait elles ne viendront pas. Il n’y a personne pour les conduire, car personne ne se doute dans la famille qu’elles essaient d’acheter un cheval …

L’essai : « Je mens sur mon niveau »

La cavalière arrive à l’essai chez un particulier, elle a l’air très sûr d’elle. La propriétaire lui explique comment fonctionne sa jument, qui est gentille mais encore jeune. La cavalière décide alors de partir seule en extérieur, malgré l’avis défavorable de la propriétaire.

La jument est revenue seule. La potentielle acheteuse a eu le culot de menacer de porter plainte.

L’essai : « On ne nous dit pas tout ! »

Pour une jeune fille g5 cherchant un compagnon aguerri pour faire ses premiers concours, puis le mettre à la retraite lorsqu’elle fera ses études supérieures. Tout le monde sera ainsi content . Un cheval est trouvé, il a un peu de métier, le propriétaire garantie une bonne santé.

2.5 heures de route, la jeune fille essaie, puis son instructeur.

Sentant un »truc » bizarre, ce dernier appuya derrière la selle au galop : l’animal décocha une magnifique cabriole, qui aurait jeté au sable la cavalière. Il souffre du dos.  Comme quoi avoir un professionnel de confiance avec soi peut éviter d’engager des frais dans une visite vétérinaire.

L’essai : « Je viens monter pour le plaisir »

Une cavalière vient essayer 2 jeunes chevaux chez un éleveur/moniteur qui avait laissé une annonce sur un site stipulant l’âge et le prix des poulains. Le second lui convient assez bien. Il est gentil, bien dressé et a 5 ans. Elle vient de loin, soit 4 heures de route pour essayer, elle en profite donc à fond et le moniteur prend sa journée pour s’en occuper. Par chance un tour était resté monté datant du dernier concours. Elle travaille sur le plat avec les conseils du moniteur, enchaîne ensuite son petit parcours, l’animal lui excusant les erreurs d’appréciation. Par chance il y a aussi un cross sur le domaine ! Quelle joie de pouvoir s’y ébattre et tester la bonne volonté de ce petit cheval. Le moniteur a bon espoir, ça a l’air de coller !

En conclusion de cette belle journée, elle finit par avouer qu’en fait il n’était pas du tout dans son budget, mais que ça fait vraiment plaisir de monter un bon cheval pour une fois ! Le vendeur a mis quelque temps à s’en remettre …

L’essai : « Petits bras »

Un cavalier aguerri sur de bonnes épreuves professionnelles (135), de corpulence « musclée » et aimant le contact franc et viril avec ses chevaux, se rend chez un célèbre marchand de chevaux. On lui présente une belle jument comme il les aime, grande et fleurie.

Celle ci est montée d’abord par une jeune cavalière, petite et frêle. Elle enchaîne les obstacles disposés dans la carrière avec une facilité déconcertante. Au moment de monter dessus, on le prévient : « Attention elle tire un peu. » Il sourit, comparant ses bras à ceux de la jeune fille.

Après s’être fait totalement emmener sur les barres et ayant finit encastré dans un oxer en bout de ligne, il conclut qu’effectivement, la bête tirait. Les marchands travaillent souvent avec d’excellents cavaliers.

L’essai : « J’essaie pas j’achète par téléphone »

Oui oui certains osent  !

Pour les vendeurs, comme les acheteurs, il y a toujours des risques. Alors essayons d’être le plus honnête possible, que ce soit sur la qualité du cheval vendu que sur l’emploi qu’il en sera fait  !

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Acheter un cheval

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Ça y est ! Vous avez pris la décision, vous avez fixé le budget, et vous avez une idée précise du type d’Equidus-oniriquus (d’onirique bien sûr) qu’il vous faudrait.

Bon et maintenant ?

Quelles précautions sont à prendre pour éviter les fameux :

« J’ai signé un contrat de vente pour un poney il y a 4 jours, mais j’en ai trouvé un autre drôlement plus mieux, il parait que j’ai 7 jours pour me rétracter. » Non ! Le délai de rétractation de 7 jours est valable pour les ventes par correspondance et le démarchage à domicile. A moins d’avoir acheté votre poney à un témoin de Jéhovah qui frappait à votre porte ou sur un catalogue de VPC …

« J’ai acheté un cheval de 4 ans il y a six mois, mais maintenant je n’arrive pas à le gérer, je tombe tout le temps et j’aimerai le ramener. Il parait qu’il y a une loi qui dit qu’on peut rendre un cheval dans les 2 ans quand on l’achète à un professionnel … »

Alors pour commencer je vais revenir sur cette histoire de loi qui permet de ramener miraculeusement un cheval jusqu’à 2 ans après l’achat si celui ci ne convient pas. C’est le très gros raccourci d’un chemin très torturé, celui du Droit français. Car pour rendre un cheval il faut faire appel à la Loi. Prendre un avocat. Attendre. Attendre. Et attendre. Le cheval a maintenant 8 ans (j’exagère sans doute légèrement, mais le message subliminal est qu’il faut plutôt choisir le bon tout de suite et prendre les précautions nécessaires).

Sinon il suffirait d’aller acheter un crack-ounet (petit crack dans mon jargon), d’aller faire n’importe quoi avec juste pour le plaisir, et de le rendre dans les 2 ans parce qu’avec tous ces bons traitements, il est planté devant une croix ! Ou encore de s’entraîner au débourrage seul dans son jardin avec youtube comme ultime professeur sur des gentils 3 ans, qu’on rendra à 4 ans totalement déboussolés (oui il n’accepte pas encore le cavalier, car je tombe quand j’essaie de grimper, mais on a une super complicité, je lui ai appris la « kung-fu jambette », qu’il utilise fort bien, en visant la rotule.).

J’arrête là les exemples douteux. En fait cette fameuse « loi », n’est autre que la garantie de conformité, applicable depuis 2005 aux ventes de chevaux à des professionnels, puisqu’ils sont considérés comme bien-meubles, tel un aspirateur (je parle des chevaux, pas des professionnels, qui pourtant aspirent aussi à vendre leurs chevaux … hum!). Et oui il y a bien 2 ans pour se retourner, si on a la preuve que l’animal ne correspond pas à l’usage pour lequel il a été acheté. Ou s’il présente des problèmes de santé antérieurs à la vente. Encore faut-il avoir fait une visite vétérinaire …

Mais un particulier ne peut faire n’importe quoi non plus et vendre un mérens de 10 ans en faisant croire que c’est un frison poulain. Dans ce cas de figure on parle de vice de consentement ou dol, et vous avez 5 ans pour vous retourner contre le vendeur, dès la découverte du subterfuge : c’est bien le temps qu’il faut pour constater que le poulain n’a pas beaucoup grandit !

D’ailleurs si le contrat le prévoit ( attention : ceci est un tuyau pour les futés), la garantie des vices cachés permet à l’acheteur de rendre ou se faire rembourser une partie du prix de vente par le particulier en question, et ce jusqu’à 2 ans après découverte du vice. Prenons un exemple concret : vous achetez un poulain à un particulier, et vous vous rendez compte qu’il crache des flammes et a des pustules. Le vendeur n’avait pas vu que c’est le dragon du pré à coté qui avait saillie Nougatine, sa gentille shetland.  Vous vouliez faire de l’aqua-poney avec, votre projet tombe donc à l’eau. Il reprend Jason (oui c’était le nom du poulain).

On n’oublie pas les fameux vices rédhibitoires :  30 jours pour remarquer que votre cheval est frappé d’immobilité, ça devrait être suffisant, mais pour se rendre compte qu’il y voit comme une taupe borgne à gauche, ce n’est pas toujours aisé. Mais encore une fois si la visite vétérinaire est faite par un praticien honnête et compétent, vous devriez être à l’abri de l’anémie infectieuse, sinon il faudra se retourner contre ce dernier aussi. ( Les autres vices rédhibitoires)

Voilà donc les recours possibles, ils dépendent, votre esprit vif l’aura deviné, du CONTRAT de vente que vous avez fait, de la visite vétérinaire et éventuellement d’une expertise faite par un professionnel, pour prouver  que vous avez choisi un cheval qui correspond à votre niveau et à vos objectifs. Voilà pourquoi il est conseillé d’acheter un cheval sous l’œil averti d’un homme de cheval.

Mais justement je vais parler de la chose qui peut fâcher : la commission et le prix des chevaux.

Il est normal qu’un professionnel se fasse rémunérer lorsqu’il fait appel à son réseau et prend sur son temps personnel pour conseiller ses cavaliers. Les commissions sont donc monnaie courante si j’ose dire et s’élèvent habituellement à 10% du prix.

Seulement évidemment il y a des abus comme partout, et certains n’ont aucun scrupule à annoncer un prix qui double car ils ont fait l’effort immense de prendre leur téléphone pour appeler un vendeur (ou ami, ou complice). Et le vendeur d’être un peu coincé, car s’il refuse, l’intermédiaire saura débiner le cheval devant le client. Voire lui faire une telle publicité qu’il gardera tous ces chevaux sur les bras, et c’est assez lourd ! Là encore, c’est tout un art de trouver les personnes à qui l’on peut faire confiance.

Mais l’acheteur seul et sans solide connaissance est aussi une proie facile pour le vendeur, qui l’entend arriver de loin grâce au froufroutement de ses ailes (on aura deviné la subtile allusion au volatile gris de nos villes). « Bonjour, on cherche un cheval de concours niveau 130 pour notre fille de 13 ans qui a le galop 2 mais qui est vraiment très passionnée. Mais un jeune plutôt, pour qu’ils apprennent ensemble … » « Bonjour, je voudrais un entier espagnol parce que c’est trop beau et trop blanc, j’ai mon galop 1 quand même… « . Vu que la garantie de conformité s’applique dans ce cas, le professionnel averti préférera vous orienter sur un autre « produit », en meilleure adéquation avec votre niveau.

Je sais que certains me répondront :  » J’ai acheté mon premier cheval à 13 ans, j’y connaissais rien et tout s’est bien passé ». Certes mais il n’est pas tout de même pas raisonnable de pousser les gens à faire ce genre de choix. Mon éthique me l’interdit.

La dernière chose qu’il faut savoir, c’est que la carte d’immatriculation (ou carte de propriétaire) doit être reçue lors du paiement complet du cheval. Elle doit être remplie et signée au dos pour la renvoyer dans les 7 jours aux Haras Nationaux. Si le vendeur n’est pas le dernier propriétaire, il doit la faire remplir par ce dernier. Si elle est perdue vous serez quitte de vous délester de 110 euros pour faire un duplicata. Pour les chevaux étrangers, l’enregistrement vous coûtera entre 30 et 120 euros (voire 240 pour ceux dont le passeport n’est pas européen). Vous devez aussi avoir le document d’accompagnement (= son origine, son passeport).

Maintenant que vous êtes incollables sur les recours, essayez quand même de bien choisir votre compagnon, le but étant souvent de rester le maximum de temps ensemble (si possible jusqu’à la fin ….ah ! quelle incorrigible rêveuse je suis !)