Qui fait quoi ? Définitions des diplômes d’enseignants.

Comment devenir cette personne à pied ?

Comment devenir cette personne à pied ?

C’est le deuxième article que j’écris dont le sujet est traité aussi dans Grand Prix le même mois. J’aimerai savoir qui me pique mes idées là-bas ?  En même temps si je ne mettais pas 1 semaine pour écrire … Hum ! Revenons à notre sujet, à savoir les diplômes d’enseignant d’équitation.

Difficile  de s’y retrouver parmi toutes les formations qui existent, surtout depuis l’uniformisation européenne qui a signé la fin du BEES 1 (le moniteur) en premier puis celle du BEES 2 (l’INSTRUCTEUR, je met des majuscules car c’est un peu un mot magique). Le BEES1 a été remplacé par le BPJEPS et le BEES2 par le DESJPS. Un nouveau diplôme a pointé le bout de son nez : le DEJEPS, qui se situe entre les deux autres d’un point de vue hiérarchique. Il donne une qualification pour devenir « entraîneur » ou « coach » (Vous suivez toujours ?).

Je vois bien le brouillard dans les yeux des jeunes motivés qui veulent travailler « dans le cheval ». Vous comprendrez assez vite pourquoi j’ai mis tant de temps à écrire cet article. Vu le nombre impressionnant de formations, je me suis restreinte à celles qui touchent à l’enseignement. On pense moniteur, tourisme équestre, instructeur et voilà le tour est fait. Mais non ! Il y a tellement de formations : il faut déjà différencier les qualifications professionnelles de la FFE ( en vert des diplômes délivrés par l’Etat (en bleu ).   J’ai donc regardé quelles étaient toutes les merveilleuses options qui s’offrent au cavalier motivé de transmettre à son prochain ce noble art (ou ce nouveau loisir de masse dont la capitale s’appelle Lamotte-Beuvron par exemple).

La ffe pense aux enseignants et ça c’est beau. J’ai découvert ce diplôme qui m’était tout à fait inconnu jusqu’alors. Une sorte d’officialisation du cavalier « confirmé » de club qui aide le moniteur à préparer les poneys et les cavaliers. Je remercie au passage tous ceux qui m’ont aidée pendant les reprises à ramasser les crottins, préparer les poneys, aider les retardataires. Ils sont « un plus » pour apaiser l’humeur parfois massacrante du moniteur en fin de journée (la mienne tout du moins).

Animateur poney bénévole : Il faut avoir 14 ans, être titulaire du galop 5 et d’une licence en cours de validité. Après un stage d’observation de 120 h minimum, le candidat peut présenter l’examen qui consiste à animer un jeu avec des enfants à poney et à longer (ou faire des longues rênes). Il peut ensuite (sous l’autorité d’un BPJEPS minimum) s’occuper d’un groupe d’enfants pour la préparation des poneys ou la conduite d’une animation. Evidemment il reste bénévole. Il donne un statut aux cavaliers qui aident le moniteur et permet à ce dernier de se délester en toute légalité des tâches « ingrates » (préparation des poneys, jeux en fin de cours). Enfin je n’en comprend pas vraiment l’utilité vu que cette pratique est courante et que je n’ai jamais vu un seul contrôle… c’est peut-être pour initier les jeunes au métier de moniteur.

Pour les suivants (sauf le BAPAAT), il faut avoir l’attestation de suivi du stage de Prévention et Secours Civiques de niveau 1 / PSC1 ou d’un titre équivalent, le Brevet National de Secourisme, BNS, ou l’Attestation de Formation aux Premiers Secours, AFPS, à l’exclusion de tout autre diplôme – Les Premiers secours effectués lors de la Journée d’Appel à la Défense ne sont pas valables, soit du certificat de Sauveteur Secouriste. ( Je suis sûre que d’ores et déjà vous vous sentez entre de bonnes mains…)

Animateur assistant d’équitation : (ancien animateur poney) Diplôme de niveau V, avec trois dominantes différentes ( poney, cheval ou équitation d’extérieure). Pour tenter la formation il faut être titulaire du galop 6. Il a le droit d’exercer sous l’autorité d’un diplômé de niveau IV ou plus. Je n’ai pas grand chose à en dire mais je serai ravie d’avoir des témoignages d’animateurs poneys heureux de plus de 30 ans.

L’accompagnateur de tourisme équestre : Niveau IV, entrée en formation avec un galop 6 pleine nature ou cavalier minimum et avoir totaliser sept jours de randonnée minimum dont quatre journées consécutives minimum sans retour à la base de départ.  Ce qui semble logique pour débuter la formation, puisque son travail sera ensuite de conduire des promenades et randonnées équestres en autonomie. C’est un diplôme souvent moqué par ses pairs, pourtant ce n’est donné à tout le monde de conduire une randonnée (sans les perdre sinon c’est trop facile) de touristes allemands en birkenstock en gardant le sourire. Oui j’aime les clichés.

Voici maintenant les diplômes délivrés par l’Etat :

BAPAAT (Brevet d’Aptitude Professionnelle d’Assistant Animateur Technicien) : Diplôme d’État de niveau V. Il constitue le premier niveau de qualification professionnelle dans les secteurs de l’animation sportive. Son détenteur exerce son activité sous la responsabilité pédagogique, technique et logistique d’un enseignant de niveau supérieur. C’est donc l’équivalent de l’animateur poney, il a en plus des passerelles pour le BPJEPS, youpi !

BPJEPS (brevet professionnel de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport) :  Diplôme d’enseignant-animateur de niveau IV délivré par l’État permettant l’exercice professionnel de l’enseignement en autonomie. Il existe dans la spécialité  Activités Équestres avec 5 mentions : Équitation, Tourisme Équestre, Attelage, Western et Équitation de tradition et de travail. J’ai déjà fait un article conséquent sur le BPJEPS équitation, peut-être que les BPJEPS Western jouissent d’une meilleure réputation. 

Arrivent maintenant les deux diplômes que tout le monde confond. Déjà leurs noms se ressemblent, ensuite il a fallu pas mal de temps pour les mettre en place. Il en a résulté une confusion que beaucoup ont exploité. Vous allez voir pourquoi :

DEJEP (Diplôme d’État de la Jeunesse, de l’Éducation Populaire et des Sports – spécialité Perfectionnement sportif)

 Ce diplôme certifie des compétences dans le champ du perfectionnement et de l’entraînement sportif au Niveau Amateur dans une discipline. Le titulaire du DEJEPS conçoit, coordonne et met en œuvre un projet de perfectionnement dans la discipline de la mention : progression technique et entraînement du couple, formation, travail et suivi du cheval, organisation de compétition. Le DE se prépare et se passe dans un centre de formation habilité par la DRJSCS. Possibilité de VAE totale ou partielle. 

Voilà donc un nouveau diplôme entre les anciens amis monitorats et instructorat. Il correspond donc officiellement à ce que l’on appelle couramment un « coach ». Voilà le premier niveau qui permet d’enseigner au delà de l’amateur 4. Comme le nouveau diplôme de l’instucteur a mis du temps à être mis en place, certains petits malins ont profité de la confusion entres les noms des diplômes pour s’auto-proclamer « instructeur ». Une histoire de « s » qui disparaît et hop ni vu ni connu, je vois l’admiration jaillir des yeux de mes cavaliers lorsque j’annonce mon « titre » (c’est un exemple, je ne suis qu’une BPJEPS).

DESJEPS ( Diplôme d’État Supérieur de la Jeunesse, de l’Éducation Populaire et des Sports – spécialité Performance sportive)

Quatre mentions existantes : Trois mentions disciplinaires  (Dressage ou CSO ou CCE)  et une mention plurivalente (dressage + CSO + CCE). Ce diplôme certifie des compétences dans le champ de l’entraînement sportif au Niveau Pro dans une discipline. Le titulaire d’un DESJEPS disciplinaire prépare, dirige et met en œuvre un projet de performance de haut niveau dans la discipline concernée : expertise technique, pilotage d’un système d’entraînement, formation, travail et suivi du cheval. Le titulaire du DESJEPS mention Équitation conçoit, pilote et  met en œuvre des actions de formation de formateurs et prépare, dirige et met en œuvre un projet de performance dans les trois disciplines olympiques. Le DESJEPS quelque soit sa mention se prépare et se passe dans un centre de formation habilité par la DRJSCS. Possibilité de VAE totale ou partielle.

Alors là ça y est on touche au divin. Oui n’ayons pas peur des mots ! Lorsque l’instructeur arrive, la foule est en liesse. Le savoir brille dans son œil, les chevaux se transforment à son contact. Fini les rétifs, ils franchiront les rivières qui ont vu les cavaliers précédents profiter des bienfaits des ablutions. Avec lui les poulains rebelles deviendront des pompoms aguerris. De maman promprom vous deviendrez cavalier international … Aïe ! C’est là que ça se corse : l’instructeur a peut-être une aura de demi-dieu, mais il n’est pas magicien. Restons bien objectifs avec nos objectifs (les devises d’equidus stupidis ont toujours un certain panache). Cela évitera des déconvenues cuisantes.

Je pensais avoir fini ma liste, quand je me suis souvenue qu’il existait encore une autre façon de devenir moniteur : les formations du CPNE-EE (commission paritaire nationale de l’emploi des entreprises équestres). Il s’agit d’un regroupement de professionnels qui proposent des CQP (certificat de qualification professionnelle). Ne criez pas « Oh non !  » car je vais quand même les détailler (on est consciencieux ou pas):

1) Le Certificat de Qualification Professionnelle Animateur Soigneur Assistant CQP ASAa été reconnu par les arrêtés du 17 octobre 2005 pris par la Commission Nationale de la Certification Professionnelle et du 16 janvier 2006 par le Ministère des Sports. Il donne accès à l’emploi d’animateur-soigneur, coefficient 109.  Le CQP ASA est décliné en deux mentions : équitation ou tourisme équestre. La mention équitation comporte elle même deux supports : équitation sur poney ou équitation sur cheval.

2) Le Certificat de Qualification Professionnelle Enseignant Animateur d’Equitation–CQP EAE – a été reconnu par les arrêtés du 3 décembre 2010 pris par la Commission Nationale de la Certification Professionnelle et du 17 février 2011 par le Ministère des Sports. Il donne accès à l’emploi d’enseignant animateur, coefficient 130.

3) Le Certificat de Qualification Professionnelle Organisateur de Randonnées Equestres –CQP EAE – a été reconnu par les arrêtés du 25 janvier 2011 pris par la Commission Nationale de la Certification Professionnelle et du 17 février 2011 par le Ministère des Sports. Il donne accès à l’emploi de guide équestre , coefficient 118.

Comme dirait la publicité pour SFR : « Et c’est pas fini ! » (Les références culturelles, c’est important dans la vie…)

Il existe également une nouvelle formation de « cavalier professionnel » qui permet aux cavaliers de concours de bon niveau qui veulent prendre la tête d’une écurie de donner des cours en toute légalité tout en validant un niveau certain à cheval. Elle dure 3 ans maximum. Beaucoup de cavaliers professionnels n’avaient pas eu le temps/argent de passer leur diplôme et il existe maintenant des formation professionnelles pour qu’ils se mettent dans la légalité.

Attention aussi aux « instructeurs  » issus d’écoles aux noms variés. N’importe qui peut créer une méthode avec des « formations » et inventer ainsi de nouveaux diplômes. Après aucun titre n’est gage de qualité, c’est à chacun de trouver l’enseignant qui lui convient.  Voilà donc les sésames existant pour devenir enseignant. La FFE concocte de nouveaux diplômes pour « coller » plus au terrain. Le soucis c’est que l’enseignement de l’équitation a longtemps été une manne pour tous. Secteur porteur, poneys-clubs florissants, les formations ça rapporte de l’argent et ça fait de la main d’oeuvre gratuite avec les stagiaires. Tout le monde s’est engouffré dans la brèche sans se soucier des conséquences. Un BPJEPS fait en moyenne 3 ans le moniteur avant de changer d’orientation. La faute à qui ? Mauvaises formations ? Manque de débouchés à temps plein (les annonces proposent des trois-quarts temps, des CDD de remplacements) ? Pour autant les clubs continuent de fleurir, la TVA augmente et de nouvelles formations sont mises en place chaque année. Chacun veut sa part du gâteau pendant que la profession est décriée… qui arrêtera cette folle course en recentrant tout sur l’enseignement plutôt que sur l’animation ? Demandons peut-être leur avis aux poneys, car ce sont eux qui font tourner les boutiques.

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Publié le 29 janvier 2014, dans Réponses aux questions. Bookmarquez ce permalien. 10 Commentaires.

  1. Et oui, il est bien loin le temps où n’existaient que 3 diplômes d’état: moniteur, instructeur et professeur (qui n’a pas été cité-peut être parce que l’on en rencontre peu dans les centres équestres!). La profusion actuelle veut répondre aux différentes attentes du marché? C’est plutôt pour donner au plus grand nombre le moyen de se partager le gâteau de la formation professionnelle!…….sans se soucier ni de la qualité de la formation, ni les débouchés pour les récipiendaires.Et ne confondons pas les titres: comme le répète à mots cachés la FFE, le BPJEPS est avant tout un diplôme d’ANIMATEUR; l’enseignement, ce sera pour plus tard! (désolé pour ceux qui espéraient que cette formation leur donnerait les capacités pour être enseignant!). Pour enseigner, il faut avoir un niveau qui atteste de certaines compétences techniques et pédagogiques (car on ne peut enseigner que ce que l’on a testé!) et il faut avoir la volonté de vouloir continuer à se former, non pas pour acquérir un niveau de compétiteur comme le propose nombre de stages fédéraux pour enseignants en fonction, mais pour développer sa capacité à enseigner, en améliorant ses techniques d’éducation du cheval … et du cavalier!; Equestrement,

    • Tout à fait ! Je n’ai pas parlé du BEES3 (professorat) car il n’existe plus. Les seuls exerçant encore sont les derniers diplômés. Il n’y a pas eu de nouveau diplôme pour le remplacer … et c’est dommage !
      Pour ce qui est des diplômes niveau BPJEPS, ils ont tous le terme animateur dans l’intitulé …on sait donc à quoi s’en tenir en rentrant en formation. Pourtant la formation « animation » n’est pas très pointue non plus !

  2. Demandons peut-être leur avis aux poneys, car ce sont eux qui font tourner les boutiques:

    J’en parlerais à mon cheval….

    Trop de « diplômes » dans un domaine. Pas assez dans d’autres… Il existe des formations sérieuses qui utilisent le cheval comme médiateur. Avec des exigences importantes sur différents plan connaissances techniques du cheval mais aussi pédagogie +++ Et là (roulement de tombour…. Silence………. Rien!

    Ca va surement venir; là aussi il y a une part du gâteau à prendre de plus en plus fleurissante.

  3. Bonjour,
    Vous écrivez dans votre article:

    « Il existe également une nouvelle formation de « cavalier professionnel » qui permet aux cavaliers de concours de bon niveau qui veulent prendre la tête d’une écurie de donner des cours en toute légalité tout en validant un niveau certain à cheval. Elle dure 3 ans maximum. Beaucoup de cavaliers professionnels n’avaient pas eu le temps/argent de passer leur diplôme et il existe maintenant des formation professionnelles pour qu’ils se mettent dans la légalité. »
    De quelle formation parlez-vous?
    Bonne journée

    • Bonjour,
      C’est une formation au Pôle France Jeune de Saumur, qui permet de sortir avec un diplôme permettant d’enseigner en plus d’un perfectionnement sportif. Elle est accessible à partir de 18 ans, sous réserve de résultats en compétition (et d’avoir au moins un cheval personnel).

      • Il ne s’agit pas d’un nouveau diplôme ou d’une nouvelle formation, mais simplement d’un dispositif adapté à l’emploi du temps des jeunes du Pôle pour la préparation aux diplômes d’Etat existants,

      • Et bien pourtant Il s’agit selon la FFE d’un nouveau diplôme : celui de cavalier professionnel. Lisez le Grand Prix de ce mois ci ils en parlent aussi. Ont-ils fait une erreur également?

  4. Je suis be2 et à la tête d’un club en normandie habilité pour la formation BPJEPS. Je partage certaines de vos analyses notamment sur la prolification de certaines formations mais par contre je trouve certains de vos propos excessifs voire blessant sur les BPJEPS et la formation que l’on propose. M’entendre dire que je profite et me gave par le biais de la formation professionnelle est juste insultant. Faites le tour de certains organismes de formation enNormandie et vous verrez qu’il y a des professionnels qui aiment et font correctement leur métier. On ne tire pas sur l’ambulance et surtout un peu de mesure dans les propos que l’on utilise…..

    • Déjà je suis de midi-pyrennée donc c’est plutôt à cette région que je fais référence.Ensuite il faut prendre un peu de recul vis à vis de mes propos qui se veulent avant tout caricaturaux et humoristiques. Lisez l’article sur les BPJEPS, vous verrez qu’en aucun cas je ne prend un parti. Je répond juste aux attaques que je vois sur internet tous les jours : les formations sont nulles, tout le monde le dit, les BPJEPS ne peuvent enseigner qu’aux galops 5 maximum et j’en passe. J’essaie de trouver des réponses. Mon ami est BEES2 il a formé des moniteurs pendant 30 ans et ne se sent nullement insulté par mes propos car il est d’accord pour dire que même s’il y a des professionnels compétents et consciencieux, ce n’est pas le cas de tous. Je rappelle aussi que maintenant un BPJEPS qui a 3 ans d’ancienneté peut lui aussi former des BPJEPS. Le principe de la caricature est justement de faire des raccourcis. Vous devriez également écrire aux journaux spécialisés style l’Eperon, qui eux écrivent carrément que les nouveaux moniteurs sont nuls dans leurs editos.

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