Le cavalier SM sur son equidus démoralisus.

corsetchevalbascule

J’ai connu une cavalière de club qui venait en reprise pour fouetter. Oui fouetter. Elle jouait du stick à tout va, prenant manifestement du plaisir à corriger la brave bête de club, partagée entre la menace du fouet et celle de sa main!

Car elle n’était pas avare de punition, par devant et par derrière..

Non vous ne vous êtes pas trompés de site, ici on parle bien d’équitation…mais qui dit cheval dit aussi psychologie!

Monter à cheval c’est imposer sa volonté à un animal plus rapide et plus fort que nous.

On peut user de la force, de la ruse, de la patience.. en fonction de sa personnalité mais aussi de l’humeur du moment.

Qui ne s’est jamais énervé pour rien sur un cheval regrettant aussitôt son geste? Qui peut se targuer de n’avoir jamais été injuste avec un cheval?

Mais il  y a  s’en rendre compte et fonctionner dans la domination en permanence.

Les cavaliers qui mettent des claques à tout bout de champ à leurs chevaux? Celle qui propose le stick à une jument au box (qui prend le stick avec ses dents donc) et lui en colle une parce qu’elle n’a pas le droit (la jument aurait du deviner..mais bon quand c’est une pomme elle a le droit)? Celui qui « pète la bouche » de son cheval parce qu’il a eu peur (le cheval fera-t-il vraiment le lien entre sa peur et la douleur? oui mais à mon avis dans le mauvais sens)? Celui qui merdouille en concours mais préfère mettre une trempe plutôt que de se remettre en question?

Les chevaux étant plutôt gentils, ils endossent le rôle de défouloir pour ces personnalités qui ne voient les relations que par la domination. Peut-être se sentent-ils rassurés de maîtriser quelques chose.

Certains sont aussi élevés dans cet esprit dès le plus jeune âge. Une maman non cavalière incite régulièrement ses filles propriétaires à « ne pas se laisser faire », même quand le poney s’est enfuit car ils lui courraient derrière pour rigoler mais avaient laissé ouverte la porte du manège. Elle est tellement fière quand sa fille de 8 ans s’acharne avec des coups de sonnettes sur les rênes en hurlant « t’es méchante ». Comment expliquer à ces enfants le respect si on attend autre chose d’eux à la maison? Comment lui expliquer qu’à cheval c’est souvent la faute du cavalier?

De même, comment éduquer les cavaliers s’ils voient leur moniteur perdre son sang froid régulièrement?

Je ne suis moi même pas un idéal, il me manque encore beaucoup de sérénité mais j’y travaille ( quand j’arrêterai de faire un écart moi même quand un pigeon s’envole on sera content, sereine la fille je vous dis!). Ne pas aller au bout quand la guerre se déclare, trouver des parades, éviter les situations qui mèneront nul part, sans perdre non plus une certaine autorité.

Une main de fer dans un gant de velours. Une autorité calme, sûre d’elle, constante, voilà ce qui rassure les chevaux. Il ne s’agit pas de tomber dans l’excès inverse car ça n’aide pas le cheval non plus. L’ equidus trouillardus cherche à s’en remettre à son chef, si celui ci est légitime. L’equidus brandouillus cherche un leader charismatique. L’equidus jeunus a tout à découvrir, mais la terreur n’a jamais fait de bons élèves. Certains cavaliers préfèrent peut-être monter des chevaux éteints, qui ne veulent plus jouer, ils sont plus faciles à gérer..

On a tous vu des scènes difficiles sans oser intervenir. Il y a l’omerta (en concours surtout on dit rien, ça ne se fait pas!), en club on a peur de perdre des clients. Comment intervenir quand on voit un autre propriétaire malmener sa monture sans passer pour un donneur de leçon? C’est toujours compliqué, car ce qui est tolérable pour l’un ne l’est pas forcément pour le voisin. Qu’est-ce qu’être violent?

La tape sur le nez quand un cheval joue avec sa longe? La cravache quand il s’arrête pour la 3ème fois? Le coup de longe quand il nous marche dessus?

Qu’est ce qui est vraiment injuste?

Ces questions là je pense qu’il ne faut jamais cesser de se les poser, tout simplement. Travailler sur soi, toujours c’est ce que nous disent les chevaux.

En tout cas je préfère monter mon equidus stupidis qu’un equidus demoralisus.

 

 

 

Publicités

Publié le 11 décembre 2013, dans Réflexions, et tagué , , , . Bookmarquez ce permalien. 5 Commentaires.

  1. Galibert Céline

    Toujours aussi sympa tes « petits » articles, j’adore!!!

  2. J’aime toujours autant……….
    Tu as parfaitement raison. La manière de traiter nos chevaux et représentative de notre manière d’être en « société ». Et cela s’apprend à la maison! Gandhi disait:
    « on mesure le degré de civilisation d’un peuple à la manière dont il traite ses animaux »
    On peu y ajouter que c’est aussi un bon indicateur de l’éducation.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :