L’épineux problème des couvertures..

Bien cibler les réels besoins de son cheval avant de se faire plaisir niveau look..

Bien cibler les réels besoins de son cheval avant de se faire plaisir niveau look..

Chaque automne commence le ballet des questions autour des couvertures..

« Tu couvres quand? » « Il fait assez froid? » »j’achète quoi pour mon nouveau cheval? » »à quel moment le tondre? »

et le fameux « Mon cheval est comme moi, il est frileux.. »

Essayons d’abord de comprendre le fonctionnement du cheval face au froid avant de dégainer la première couverture venue.

Le cheval possède divers moyens de lutter contre le froid:

– La création d’énergie grâce à son système digestif, il convient donc de lui donner suffisamment de foin, le grain n’étant pas absorbé de la même manière.

-Les muscles/les mouvements qui le réchauffent quand il se déplace.

-Mais aussi son système pileux (et musculaire) qui lui permet d’emprisonner l’air sous son poil (effet doudoune) et de créer de la chaleur via les tremblements des muscles.

En automne, le cheval commence à produire du poil en fonction des températures et de la luminosité qui diminue.

On a donc le choix entre 3 approches: le laisser se débrouiller, le couvrir sans le tondre et le tondre donc le couvrir!

Couvrir un cheval empêche sa peau d’utiliser ses mécanismes naturels pour se réchauffer: les poils ne peuvent plus emprisonner d’air, et les muscles de surfaces travaillent moins, ce qui le rend plus vulnérable quand on lui enlève ses couvertures.

C’est l’idée du Dr. Strasser dans son livre « un sabot sain pour une vie saine ». Les chevaux qui vivent dehors sont suffisamment armés pour faire face au froid et ne tombent pas malades. Respecter la nature même de l’animal semble donc évidente…oui mais les chevaux qui vivent dehors sans travailler utilisent beaucoup d’énergie pour lutter contre le froid et s’auto-régulent. En leur imposant en plus de l’exercice (dépense d’énergie supplémentaire) ou en les mettant en box (le cheval ne peut marcher pour se réchauffer), on bouscule cet équilibre.  Et certains chevaux vivant au pré maigrissent l’hiver..malgré une nourriture adaptée!

Si on décide de couvrir son cheval, on est alors confronté à la question suivante: faut-il le tondre?

La tonte a pour but de limiter la transpiration pendant le travail et de faciliter le séchage après. La nature est pourtant bien faite car le poil draine l’eau vers l’extérieur..mais si votre protégé vit en box, la encore le processus naturel est court-circuité par l’air qui devient humide car emprisonné dans un espace confiné et il mettra plus longtemps à sécher!

Donc si vraiment la tonte vous semble inévitable, attention aux différences de températures dans une même journée, sachant qu’en transpirant sous une couverture, l’humidité ne peut s’évaporer.

Il reste une dernière solution, le couvrir sans le tondre, afin de limiter la création de poils, donc de transpiration durant le travail. Cette solution empêche l’animal de mettre toute son énergie dans la lutte contre le froid et a comme avantage de pouvoir le laisser « nu » pendant les belles journées, pouvant ainsi utiliser sa pilosité naturelle quand le temps le permet.

A quoi voit-on qu’un cheval a froid?

En lui touchant la base de l’oreille, si elle est froide il se peut qu’il ait froid. Les frissons sont aussi un indicateur du fait qu’il met en branle son système musculaire et pileux, mais ne veut pas forcément dire qu’il ait réellement froid, surtout si vous prenez le parti de le laisser utiliser les armes que la nature  lui a données pour passer l’hiver. S’il perd du poids il faut absolument réajuster la ration ou prendre la décision de le couvrir.

Après le travail n’oubliez pas de les marcher pour les sécher, on peut aussi utiliser de l’alcool à brûler sur un chiffon à passer sur le corps ou leur mettre une séchante. On couvre pour la nuit un cheval sec!

Quelque soit l’approche que vous avez, il faut éviter l’anthropomorphisme. En hiver on a froid et on veut toujours couvrir plus. L’important est de se donner une ligne de conduite et de s’y tenir (par exemple couvrir seulement en dessus de 5 degré sur un cheval bien sec ou changer la grosse couverture d’un cheval tondu s’il passe du pré à l’écurie fermée le soir). Attention aussi aux redoux, ou l’ont voit des chevaux ruisseler sous leurs doubles couettes au soleil!

Attention aussi au type de couverture que vous utilisez, elles peuvent glisser, comme une polaire sous une couette, ou une couverture mal coupée au garrot. Le mieux dans ce cas est de demander l’avis de votre vétérinaire et d’un sellier de confiance pour les tailles.

PS:  Chez So cheval, vous trouverez des personnes accueillantes qui sauront vous aiguiller!

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Publié le 30 septembre 2013, dans Santé. Bookmarquez ce permalien. 6 Commentaires.

  1. J’avoue que j’ai eu le même raisonnement que beaucoup quand à couvrir son cheval : regarder par rapport à nous! Sauf qu’un cheval, c’est quand même fait pour vivre dehors, que c’est pas si fragile que cela et qu’il faut faire au cas par cas! J’ai deux juments, une porte une couverture chaque hiver et l’autre non. Mais faut dire que l’une est très rustique et pas l’autre! 😉

    Au passage, très bon blog, continuez avec des articles aussi intéressant. J’aime apprendre et me remettre en question!!!

    • Merci beaucoup!
      (j’ai un peu froid aujourd’hui, je m’en vais vite couvrir mon cheval… hihi!)
      Le pire c’est les chevaux qui dégoulinent littéralement au soleil de 14h avec 3 couvertures sur le dos, pauvres bêtes..

  2. quelques remarques : pas d’anthropomorphisme, un cheval est fait pour vivre dehors, oui mais pas tondu ! Auquel cas la couverture ne s’impose plus et même a sûrement un rôle souvent néfaste. Toutefois j’ai du couvrir mon selle français âgé, au pré ( avec abri) en cas de pluie ou de vent froids persistants mais toujours le moins possible. Quant au cheval de club, de concours et autre c’est une question de réflexion : le summum de l’aberration c’est de voir poser une couverture sur un animal trempé de sueur sans l’avoir bouchonné et là, l’anthropomorphisme aurait peut-être aidé à raisonner !

  3. Nos chevaux et poneys d’instruction étaient tous les ans, tondus aux parties sensibles à la transpiration (encolure partielle, poitrail, coude, passage de sangles, cuisses) et ont toujours vécu ainsi dehors et non couverts……….
    Jamais un de malade !
    ils travaillaient, parfois tard le soir, étaient secs ou séchés à la serviette aussitôt après, et pouvaient retourner au pré aussitôt.
    Lors des tempêtes nous rentrions seulement ceux ne bénéficiant pas d’abris naturels sur leur parcelle, pour se protéger.

    Les tontes n’étaient pas du tout jolies, mais cela m’était complètement égal le regard des autres, puisque nos chevaux étaient bien et en pleine forme !
    Pas beaux, mais fonctionnels 😉

    Chouette blog, je remonte les articles pour les lire tous.

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